
Un client qui représente 40 % de votre chiffre d'affaires, c'est rassurant. Il est fidèle depuis des années, il paie bien, la relation est excellente. Jusqu'au jour où il est racheté, change de stratégie ou rapatrie la production chez lui.
Et lui le sait. Un client qui pèse 40 % dispose d'un sacré pouvoir de négociation sur vos prix et vos délais de paiement. Certains donneurs d'ordre, plus prudents, s'en inquiètent même : un fournisseur trop dépendant d'eux devient un risque pour leur propre approvisionnement.
Dans l'article précédent, je parlais de la personne-clé, une dépendance à l'intérieur. Le même scénario vaut à l'extérieur : un fournisseur unique, une technologie dont vous ne maîtrisez pas l'accès, un financement dont vous dépendez entièrement. Les droits de douane américains de 2025, puis le choc d'Ormuz cette année, l'ont rappelé : une dépendance ne se voit pas tant qu'elle ne casse pas.
Dans notre grille de la robustesse, c'est un levier à part entière : les indépendances critiques. Il ne s'agit pas de viser l'indépendance totale, impossible et coûteuse, mais de savoir où sont vos dépendances vitales, et de ne jamais laisser une seule d'entre elles tenir tout l'édifice.
Une dépendance, ça se chiffre
Que coûterait la perte de ce client pendant six mois ? Le retard de ce fournisseur pendant un trimestre ? Dans mon expérience, peu d'organisations font ce calcul. C'est pourtant souvent ce chiffre qui pousse enfin à agir.
Pour commencer, trois gestes simples :
- listez vos trois plus grosses dépendances : clients, fournisseurs, technologies, financements ;
- estimez ce que coûterait la perte de chacune ;
- demandez-vous, pour chacune, quel serait le plan B.
Et chez vous, quelle est la dépendance que personne n'ose regarder en face ? Écrivez-nous, nous lisons tout.
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Quel type de coureur est mon organisation ?