
Et si progresser ne signifiait pas nécessairement faire plus ? C'était la question de la matinée « Progrès », le 14 octobre 2026 à Sherbrooke, coorganisée par Sherbrooke Innovante et le Pôle d'entrepreneuriat collectif de l'Estrie. Dans la salle, des personnes simplement curieuses de la robustesse, et d'autres qui la travaillent déjà dans leur organisation. Beaucoup sont reparties avec une idée nettement plus claire de la marche à suivre.
Matthieu Piegay, de Niska, a mené une présentation très interactive et éclairante, qui a laissé toute leur place aux échanges entre participants. En fin de matinée, nous avons abordé les frictions au travail, en particulier celles que créent les injonctions contradictoires, à partir de quelques cas discutés en toute confiance. L'un d'eux m'est resté : une entreprise à mission qui se demande s'il faut continuer à croître et lever des fonds, ou chercher d'autres façons de durer. Au fond, comment mieux servir sa mission sans se fragiliser ?
Ce que montrait l'écran de la salle
Nous avons aussi fait un test en direct, avec un outil de Rango dérivé du FlashScan : chaque organisation a situé le parcours sur lequel elle évolue (piste, route, sentier ou ultra-trail) et ce pour quoi elle est préparée (sprinteur, marathonien, traileur ou ultra-traileur). Les résultats, anonymes, s'affichaient en direct.
Sur les 14 organisations de la salle, de l'économie sociale comme du secteur privé :
- 6 font face à un parcours plus exigeant que leur préparation, dont 2 nettement plus exigeant ;
- 6 ont une préparation adaptée à leur parcours ;
- 2 ont des réserves pour le leur.
Aucune ne sous-estime son parcours ; plusieurs le jugent même plus exigeant que leurs réponses ne le décrivent. Un petit échantillon, bien sûr, mais un signal : le monde a basculé dans l'incertitude, et nos façons de fonctionner n'ont pas toujours suivi. Quand le parcours a un cran d'avance, ça passe, mais chaque imprévu se paie en heures, en urgences et en énergie.
Prendre du temps, c'est créer de la marge
Une prise de conscience est revenue souvent : prendre du temps n'est pas du temps perdu, c'est ce qui crée de la marge. Un exemple a fait sourire : la Fondation du Rien, un projet artistique français de la compagnie La Vaste Entreprise, où l'on s'inscrit à des activités annulées le jour même. Ce qu'on reçoit, c'est un créneau libre.
Dans notre grille de la robustesse, c'est un levier à part entière : la sous-optimalité constructive. Ne pas tout optimiser, réserver du temps et des moyens qui ne servent à rien… jusqu'au jour où ils servent à tout.
Merci à Niska, et à Matthieu pour sa confiance et la qualité de son travail. Merci aussi à Sherbrooke Innovante et au Pôle d'entrepreneuriat collectif de l'Estrie.
Et chez vous, à quand remonte la dernière fois que vous avez bloqué du temps sans rien y prévoir ? Écrivez-nous, nous lisons tout.
Cet article est aussi publié sur LinkedIn, où la discussion se poursuit.
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