
L'innovation fait croître. Fait-elle aussi durer ?
J'assistais le 22 octobre 2026 au webinaire du Conseil de l'innovation du Québec sur sa Grande Enquête sur l'innovation 2026. Un constat fort : les entreprises qui innovent sont deux fois plus nombreuses à anticiper une croissance soutenue, et elles exportent davantage.
Croissance, exportations, productivité : l'innovation y est mesurée à l'aune de la performance. C'est légitime. Mais il reste un angle mort.
Une innovation peut aussi fragiliser
- une ligne automatisée pour un seul gros client ;
- des exportations concentrées sur un seul marché, à la merci d'un droit de douane ;
- une technologie qui ne dépend que d'un fournisseur.
Ces fragilités restent invisibles tant que tout va bien. Elles décident pourtant de la pérennité d'une organisation, pas seulement de sa croissance.
Choisir ce qu'on détruit
L'économiste Joseph Schumpeter appelait « destruction créatrice » ce mouvement où l'innovation détruit l'ancien pour créer le nouveau. Le moteur fonctionne toujours. La vraie question est peut-être de choisir ce qu'on détruit : la dépendance au volume, au client unique, au fournisseur unique, plutôt que des produits qu'on remplace simplement plus vite.
Cinq questions avant de lancer un projet d'innovation
1. Ajoute-t-il des options, ou en retire-t-il ?
2. Crée-t-il une dépendance critique ?
3. Consomme-t-il nos marges, ou en crée-t-il ?
4. S'il tombe en panne, sait-on encore fonctionner ?
5. Peut-on revenir en arrière ?
Ces questions rejoignent le levier 5, Indépendances critiques : aucune dépendance unique ne doit pouvoir tout faire tomber.
L'innovation fait croître. Bien orientée, elle fait aussi durer.
Et chez vous, votre dernier projet d'innovation vous a-t-il rendu plus ou moins dépendant ? Écrivez-nous, nous lisons tout.
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